Megève

Situation

de Megève : sur un col à 1100 m d'altitude, entre les vallées de l'Arve (vers Genève) et de l'Arc. Très tôt ce fut un lieu de passage. D'ailleurs la SNCF avait envisagé de construire une ligne pour relier Albertville. Il existe une gare qui n'accueillit jamais de train et qui a été doublée avec une gare routière récemment.

Population : 5000 habitants.
Histoire :
Le plateau était humide, et une vipère légendaire en privait l'accès. Un certain Grasset en vint à bout, et permit l'installation de l'homme. Le nom de Megève viendrait du provençal "meusdin", "vient manger chez moi". Les premiers occupants sont, comme souvent, des moines, en fait des moines bénédictins de Saint-Michel de la Cluse. Puis viendront des Jésuites. Ils exploitent la force vive des ruisseaux, et font fonctionner une scierie.
Vers l'an 1000, Megève est rattachée au comté de Savoie, lui sous obéissance de l'empereur germanique.
En 1700, le comte Victor-Amédée II s'oppose à Louis XV. En 1713, il devient roi de Piémont-Sicile. Sa capitale est à Turin. Il créé le cadastre afin de lever l'impôt. Les Savoyards demandent leur rattachement à la France, et vont même jusqu'à racheter les droits seigneuriaux. En 1792, ils obtiennent satisfaction. Mais la chute de Napoléon en 1815 renvoie la Savoie en Italie (plus exactement sous l'égide de la Sardaigne).
La Savoie est définitivement rattachée à la France en 1860 : Napoléon III négocie le rattachement de la Savoie contre son aide apportée à Victor-Emmanuel II qui veut faire l'unité italienne.
Architecture :
L'influence piémontaise se traduit dans l'architecture : le tuf, taillé à la hache, est remplacé par le granit, plus résistant.
L'église a un clocher à bulbe d'inspiration autrichienne (on en trouve à l'Est d'une ligne Albertville-Genève). Les paysans se rendaient en Autriche ou en Allemagne pour l'hiver. L'église est agrandie en 1870. Le chœur est en tuf, tandis qu'à la nef agrandie, les encadrements de fenêtres sont en granit.
Les fermes se composent d'un niveau bas, pour les bêtes et les hommes, d'un niveau haut pour le fourrage et les vêtements (à l'abri des odeurs des bêtes). En été, on monte dans les alpages. Les prairies basses sont pour le fourrage. Les céréales poussent jusqu'à 1000 m, mieux que dans la vallée trop ombragée et brumeuse.
Le tourisme :
Il démarre au XIXe siècle, grâce à trois personnes :
- le Père Ambroise-Martin, curé vers de 1820 à 1863, fait édifier le calvaire sur le Mont d'Arbois. Il obtient du pape l'"indulgence de la portion". Le 2 août est un jour de pèlerinage qui rachète tous les péchés au même titre qu'un pèlerinage à Rome. Ceci attire des pèlerins, alors que le tourisme se limitait à la station de cures de Saint-Gervais.
- mais la station ne fonctionne qu'en été. Le ski fait son apparition, vers 1900, grâce à une journaliste, qui demande à l'Hôtel du Mont-Blanc d'installer le chauffage central. La première compétition est organisée en 1913.

- en 1916, en pleine guerre avec l'Allemagne, la Baronne de Rothschild, qui se dévoue comme infirmière sur les champs de bataille, doit se reposer. Elle réserve un hôtel à Saint-Moritz, en Suisse, mais refuse de s'y installer à cause des nombreux clients allemands. L'hôtelier lui parle alors de Megève et la baronne s'y établit pour deux mois. A son retour à Paris, elle propose de développer le ski à Megève, pour ne plus aller en Suisse trop accueillante pour les Allemands. En 1921, on inaugure l'hôtel du mont d'Arbois. Le Roi Albert des Belges en est un des hôtes. En 1923, on ouvre un golf. En 1933 et 1936, sont construits les premiers téléphériques, respectivement de Rochebrune et du Mont d'Arbois. Il faut attendre 1983 pour la télécabine reliant les deux massifs.
- en 1950, Jean Cocteau peint des vitraux à l'Hôtel du Mont-blanc. Il est rejoint par d'autres artistes. Mais l'hôtel a brûlé depuis.
L'hôtel des Logis est le dernier à 4 étages. Depuis le dernier règlement, les maisons ont trois niveaux au maximum, et des toits à double pente.

Pierre-Yves Landouer, mars 1995