Moyen-orient suite (3)

VII. Un empire maritime mycénien
1630 : éruption du volcan de Santorin, qui marque le déclin de la "thalassocratie" minoéenne (de Minos, roi de Crète). Les temples sont détruits et incendiés (sans qu'on en connaisse les circonstances).
           Période transitoire : les Crétois s'expatrient ou sont exilés dépopulation de l'île. Au Péloponnèse, des artisans crétois contribuent au développement architectural tandis qu'en Crète, les arts décoratifs (ex : fresques murales) s'étiolent et se cantonnent aux tombeaux. Tous les arts crétois ne survivent pas. Ainsi, l'art des vases en albâtre disparaît.
1450 : en Crète, arrivée progressive et pacifique des Mycéniens qui occupent la place des Minoéens. Le grec mycénien remplace la langue minoéenne en Crète. Le centre du pouvoir reste à Cnossos.
1370 : destruction de Cnossos et de ce qui reste du Palais minoen. La Canée devient le nouveau centre du pouvoir.
           Expansion mycénienne en Méditerranée, pas forcément au sens politique (domination), mais au sens commercial (et influence). On parle néanmoins d'un empire mycénien en Mer Egée. Relations avec l'Égypte (Amenhotep III cite les "habitants de la grande verte") et avec les Hittites (un texte du XIIIe siècle évoque le roi d'Ahhijawa, comme l'égal du roi hittite, du roi d'Égypte, du roi d'Assyrie et du roi de Babylone). On a retrouvé en territoire mycénien des objets importés d'Anatolie (rhyton), du levant (poignard incrusté de nielle), de Mésopotamie (diadème d'or décoré au repoussé), et des peintures murales, à Pylos, inspirées du style crétois (style qui privilégie l'action humaine sur le rituel).
1200 : disparition de l'Empire mycénien. Les Villes indépendantes comme Sparte ou Athènes prennent le relais.
L'organisation sociale des Mycéniens :
Les Mycéniens nous sont peu connus, car on a retrouvé (depuis les recherches de Schlieman, 1876) seulement des tablettes d'argile (cuites accidentellement) attestant des actes de la vie quotidienne, et aucune ne retraçant des évènements chronologiques, ni traité, ni généalogie des rois. Tout un réseau de comptabilité centralisé semble confirmer l'existence d'un pouvoir central, qui nous fait penser à une organisation "impériale", centrée sur Mycènes.
- le Roi ("wanaka") est l'intercesseur entre les Hommes et les Dieux. Les fresques le montrent recevant des offrandes et les remettant aux Dieux.
- le second personnage du royaume est le "rawaketa". Il dispose d'un domaine, reçoit des offrandes et possède une garde ou une armée de rawakesija.
- les provinces sont contrôlées par des "préfets", ou korete, et des "vice-préfets", ou porokerete, ainsi que des "basileus", ou qasireu, qui représentent le roi.
Un système fiscal est établi, par les relevés des impôts en nature. Des troupeaux de moutons appartenant au Palais étaient confiés (affermage) à des fonctionnaires, qui s'acquittaient d'un droit en nature (laine). De même, des tisserands recevaient un lot de laine, et reversaient une quantité forfaitaire de la production. Et des paysans cultivaient les terres royales (temenos), moyennant un impôt en nature. Il y a des percepteurs chargés de comptabiliser les produits (le système décimal existe). Il n'existe pas de monnaie et les échanges se font sous forme de troc.

La vie quotidienne chez les Mycéniens :
- certaines villes se spécialisent, comme Cnossos, dans le travail de la laine, ou Pylos, dans la fabrication des huiles parfumées (conditionnées dans des vases appelés pyxides).
- le travail des métaux produisait des armes et des bijoux. L'or venait de Transylvanie, le cuivre de l'Attique et l'étain de Cornouailles ou de Bohême : toute régions situées à l'Ouest des territoires contrôlés par les Hittites ou les Hourrites.
- le travail de l'ivoire produisait des décors de meubles en relief ( ) et des objets de toilette (peignes, manches de miroir, vases à onguent). Il s'est développé avec l'importation de défenses d'éléphant (remplaçant celles d'hippopotame) de Syrie ou d'Égypte. Il s'est répandu dans les ports maritimes méditerranéens, notamment à Chypre (colonisation achéenne en fin du 13è siècle) et Ougarit, sur la côte phénicienne, avec ou sans domination administrative mycénienne. Cet artisanat a d'ailleurs survécu à l'Empire.
- les biens échangés sont accompagnés d'un "passeport", qui est un nodule, petite boule d'argile façonnée avec trois doigts, sur laquelle sont gravés le type et la quantité de la marchandise (par exemple 10 brebis destinées au temple de Zeus à Thèbes), ainsi que le sceau de l'expéditeur.
- culte des morts : les morts appartenant sans doute à l'élite mycénienne (sur laquelle on ne sait rien) sont enterrés dans des tombes à tholos, c'est à dire, formées d'un couloir (dromos) creusé dans le sol et voûté, et d'une salle circulaire, elle aussi voûtée. Les Minoéens étaient enterrés dans des cavernes ou d'autres sites naturels singuliers (sommets). Les Mycéniens introduisent l'association d'objets dans les tombes (armes, vases), ce que les Crétois ne pratiquaient pas.
- la langue est l'ancêtre du grec, connu sous l'appellation linéaire B. Elle a été déchiffrée en 1952 par Ventris et Chadwick. Chaque signe est une syllabe simple composée d'une consonne et d'une voyelle. Ex : Ko-no-so, qu'on contracte en Cnossos.

VIII. L'expansion assyrienne

1200 : début de la politique d'expansion assyrienne : attaque de Babylone. Le dieu Marduk est amené à Assur (il sera rendu 4 ans plus tard).
1160 : Babylone détruite par les Elamites. Nouvelle dynastie de Pashé.
1100 : Tiglat-pileser atteint la Méditerranée et repousse les Egyptiens de l'Asie. L'Égypte est coupée des mines de fer de Turquie et n'en possède pas.
Le Moyen-Orient est pris en étau entre trois poussées :
           montée au Liban des Hébreux (Roi Saül, 1017-1002 ; roi David, 1001-963 ; roi Salomon, 963-925).
           des tribus venues du Nord de la Syrie, les Araméens harcèlent la Syrie, l'Assyrie et Babylone.
           les tribus arabes commencent à se manifester.
884-859 : Assur-nasir-apal ("Assur protège son fils") reconstruit Kalah et y installe la capitale de l'Empire (qui y reste  721). Il dote l'armée d'engins de guerre ( ) et de chars tirés par des attelages de chevaux.
725 : Tiglat-pileser III organise l'Empire, place des gouverneurs dans les villes sous domination assyrienne (vassales). Ce système sera repris par les Perses ("satrapes"). Sennacherib est gouverneur de Babylone avant de devenir roi assyrien.
Tiglat-pileser favorise l'agriculture, rapporte des arbres fruitiers des pays conquis, développe l'irrigation ( ).
722 : Sargon II expulse le roi qui est son frère, et prend sa place. Nouvelle capitale : Ninive. Il reconstruit plusieurs Palais (Dûr-Sharrukin, Kalah). Il conforte les positions à l'Ouest mais est attaqué par Babylone et sur l'Est. Il meurt sur le champ de bataille (705).
704-681 : Sennacherib pacifie et consolide l'Empire. Prise de Lakish (4), aujourd'hui site de Tell Duweir. Il veut assiéger Lebna et Jérusalem ( ), arrête les Egyptiens, venus secourir leurs alliés Hébreux (roi Ezéchias) et protéger leurs voies de communication avec l'Anatolie ( ), mais la peste l'oblige à renoncer. Il déporte 200 000 personnes et installe à Lakish un gouverneur et une garnison.
Il est assassiné par un de ses fils, Assarhadon, qui n'est pas l'aîné révolte des frères.
Sennacherib fait construire un aqueduc de 50 km de long, pour alimenter Ninive.
671 : prise de Memphis.
672 : Assarhadon reconstruit Babylone et le temple de Marduk.
A l'intérieur du royaume pacifié, le roi reconstruit les principales villes et les Palais sur le site des précédents, qui ont été endommagés par le temps ou par les guerres. Les villes ont un plan carré. Les Palais servent souvent de fortification. Il y a également beaucoup de villages sans défense.
Avec ses voisins, Assarhadon fait la paix : avec les Mèdes (ennemis de l'est) et avec les Phéniciens (ennemis de l'Ouest). Mais il meurt de maladie en campagne, en Syrie. Il a décidé de partager son royaume entre ses fils : l'aîné reçoit Babylone et le second, Ninive. Celui-ci s'appellera Assur-bani-apal.
650 : Babylone se révolte contre Ninive. Après deux années de siège, Babylone capitule.

IX. La fin des Empires
Les guerres reprennent : contre l'Elam (destruction de Suse), contre l'Égypte (prise de Thèbes qui marque la fin de l'Empire égyptien) et contre les tribus arabes du Sud.
630 : apogée de l'Assyrie.
614 : chute d'Assur.
612 : les Babyloniens et les Mèdes prennent Ninive. Le dernier roi périt dans l'incendie de son Palais.
605 : un roi babylonien, Nabuchodonosor règne sur la région.
Le roi d'Égypte, Néchao, profitant de la chute de l'Empire assyrien, attaque Carchemish, sur l'Euphrate. Le roi de Babylone, Nabuchodonosor, défait les Egyptiens, s'avance en Phénicie, incendie Lakish et occupe la Judée.
596 : Le roi de Judée, Joaquim, fils de Josias, rappelle les Egyptiens en aide, mais il est tué par les Babyloniens. Son frère, Sédecias, lui succède. Autant le premier était malin et déterminé, autant le second est timide et irrésolu. Nabuchodonosor réduit la révolte en déportant les Hébreux, suivant les pratiques des Assyriens.