Paris : jardin du Luxembourg

Marie de Médicis est arrivée en France en 1601 pour épouser le roi Henri IV. Elle n'est pas spécialement intelligente, dit-on, mais cultivée. Le roi la loge au Louvre, qu'elle n'apprécie guère. Elle rêve d'avoir son propre palais de style italien. Quand le roi est assassiné, le 13 mai 1610, elle se retrouve régente, car le futur roi, louis XIII n'a que 9 ans. Marie de Médicis peut enfin réaliser son rêve : en 1612, elle achète trois hôtels au-dessus du carrefour de l'Odéon, car des amis italiens habitent à côté et notamment les Concini. Un de ces hôtels est celui du Maréchal Pinay de Luxembourg et c'est par ce nom que restera connu le Palais de Marie et non pas Palais Médicis.

 

Marie de Médicis souhaite étendre son jardin vers le sud de manière à constituer un axe dans le jardin allant vers son palais. Mais au sud, il y a les Chartreux. Ceux-ci ont notamment un verger où ils entretiennent des pommiers. Finalement Marie de Médicis réalise le grand axe Est-Ouest, perpendiculairement à l'axe de son palais. Ce grand axe sera en partie supprimé lors des travaux d'extension du palais vers le sud pour accueillir l'amphithéâtre du Sénat.
Elle fait planter 70.000 ormes, qui vont tous dépérir quelques siècles plus tard, atteint d'une maladie incurable. On doit aujourd'hui se contenter de platanes et marronniers. Ce nombre peut paraître élevé, mais on arrive à planter 7 à 8 arbres par m², de manière à ne conserver que les pieds les plus résistants.
La Révolution chasse les Chartreux et leur domaine peut enfin être annexé au jardin du Luxembourg, domaine de l'état. Sa superficie atteint 80 ha. Il s'étend jusqu'à l'observatoire. Puis le jardin va se rétrécir, comme peau de chagrin, jusqu'à 25 ha de nos jours. Un responsable ? Le baron Haussmann. Il crée le boulevard Saint-Michel et pour financer ces travaux, il revend une partie du domaine. Ainsi apparaissent l'école de pharmacie, l'université d'histoire, le lycée Montaigne.
Aujourd'hui, le jardin est privé, domaine du Sénat, qui l'entretient fort bien. Cent personnes sont en charge du jardin, dont 25 jardiniers. On devient jardinier du Sénat par concours et on le reste à vie, d'autant que cela se traduit par un salaire intéressant. Leur mission est l'entretien des pelouses (qui accueillent maintenant le public), le renouvellement des bosquets, et tout ce que l'on voit et aussi ce que l'on ne voit pas comme la conservation des pommiers, la recherche sur la reproduction des orchidées, en liaison avec l'INRA de Versailles.
Le jardin comprend deux parties, le jardin à la française, tiré au cordon, que l'on voit en face du Palais et le jardin anglais, où les espèces les plus variées se développent au-dessus de larges pelouses. Le jardin anglais enserre le jardin français situé au centre du jardin.
Une caractéristique de ce jardin anglais est de faire oublier qu'il est en pleine vile : partout, des arbres et des branchages viennent masquer les immeubles et quand un nouvel immeuble prend d'assaut le ciel, comme ce fut le cas pour la tour Montparnasse, on vient planter un arbre puissant, comme le séquoia géant, pour cacher cet édifice. Les rares trouées sont voulues pour donner une vision de la ville.
La promenade s'est effectuée dans un jardin rempli de monde, et il faut savoir que jusqu'à 100.000 visiteurs peuvent être accueillis simultanément sans qu'on en soit gêné.

jardin du Luxembourg
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Pierre-Yves Landouer