Paris : XIème arrondissement

Nous partons de la rue Léon Frot où l’on remarque, à l’angle de la rue de Charonne un petit immeuble qui ne paye pas de mine, mais qui doit à son ancienneté du 19ème d’être protégé (sans que je connaisse bien ce statut). Il possède des lucarnes engagées ou passantes, qui empiètent sur le toit et sont alignées avec la façade.

 

Remontons la rue de Charonne pour remarquer au n° 125 un petit immeuble du 18è siècle. Les balcons sont décorés de ferronneries (au 19ème siècle, on recourt à la fonte). Un bel escalier a une rampe en fer forgé, comme il se doit.
L’impasse du Bon-Secours, après le boulevard Voltaire occupe la place d’un ancien couvent du Bon secours.
En 1648, il accueille les veuves que l’on peut imaginer joyeuses, car elles disposent en 1770 d’une salle de bal, dessinée par l’architecte Louis (le même qui a fait le théâtre de Bordeaux). La salle sera démontée et remontée à exposition universelle de New York. La Révolution nationalise les couvents et chasse les religieux. Les bâtiments sont utilisés par les industriels Richard et Lenoir pour leurs ateliers de basin anglais : on nomme ainsi un tissu à trame de coton et chaîne de fil. Auparavant, la France importait ce tissu d’Angleterre, mais le blocus imposé aux ennemis de Napoléon dans les années 1800 empêche ce produit de venir, ce qui favorise la fabrique de Richard-Lenoir. Napoléon vient féliciter l’industriel qui lutte à sa manière contre la perfide Albion. A la mort prématurée de son associé, Richard accole le nom Lenoir au sien. La restauration rouvre la frontière et le commerce avec l’Angleterre, ce qui signe le déclin de la fabrique Richard-Lenoir. Napoléon III à qui on propose de nommer un boulevard du nom de la reine Hortense se souvient de Richard-Lenoir, et décide de baptiser de ce nom le boulevard.
Au fond de l’impasse, n°4, passé le porche d’un immeuble privé (avec l’accord de la gardienne), on atteint une cour qui comprend un petit bâtiment sans étage construit en métal et en brique, pour un atelier.
Reprenons le boulevard Voltaire et arrêtons nous au n° 66 : un magasin d’électricité d’époque garde un bel aménagement digne des vieilles pharmacies (verres et boiseries).
Nous tournons à gauche rue Gobert : au n° 10, un immeuble de la fin du 19ème, sans fioriture,
Au n°12, un immeuble de 1876, orné de mascarons.
Le stade Japy, semblable à un marché (poteaux en métal, remplissage en brique), est riche d’histoire : les socialistes s'y réunissent et adoptent notamment l’Internationale comme hymne du mouvement ouvrier. Le chant a été mis en musique par un Lillois, Pierre Degeyter, en 1888.

Débouchons sur le Palais de la femme, un bâtiment massif, remarquable malgré tout à quelques éléments de décoration.
Il occupe, comme souvent dans ce quartier, l’emplacement d’un couvent : les Filles de la Croix.
Le cinquième acte de Cyrano de Bergerac se tient dans ce couvent.
Rue de Chanzy, au n° 9 : joli petit hôtel particulier de 1902. A l’angle de la place, près de l’église Sainte-Marguerite, immeuble moderne de 1992, dessiné par Maximilien Fouxos.
L’église Sainte-Marguerite devient église paroissiale en 1712.

sainte marguerite

Pierre-Yves Landouer, octobre 2006